Arhive

GIVERNY – Un coin de paradis

La voiture roule vite le long du chemin qui conduit vers le village de Giverny.
Mon coeur sursaute déjà à l’idée de voir en réalité les célèbres jardins et la maison du peintre Claude Monet.

À l’entrée de la propriété, on fait la queue parmi la foule de visiteurs.
On réussit enfin à se procurer des billets et à franchir le seuil, foulant la terre promise.

Une cascade florale d’une richesse inouïe nous accueille dès l’abord.
C’est une mer de fleurs de toutes espèces, cultivées dans une harmonie qui enchante le regard, l’odorat et l’esprit. Les guirlandes de roses montent gracieusement formant des arcades savamment implantées dans le sol fécond de ce jardin paradisiaque.
Cependant, il ne s’agit pas d’un jardin à la française, aux parterres disposés symétriquement.
Les fleurs de ce jardin sont disposées en fonction de leurs couleurs, dans un apparent désordre qui les laisse libres de pousser sans aucune contrainte sous la lumière d’un soleil généreux.


Rosiers grimpants –
le regard ravi
monte vers le ciel

La maison rose aux volets verts est couverte d’une végétation luxuriante: vigne vierge, glycines, roses de toutes sortes, de toutes les couleurs.


Méridienne –
nid de fraîcheur
caché par la verdure

Un sentiment de piété s’empare de moi en entrant à l’intérieur de ce sanctuaire, surgi comme par miracle parmi les jardins.

La maison est un modèle de confort, de bon goût, d’élégance et de raffinement.
Chaque meuble, chaque objet garde encore l’empreinte du grand peintre.
De blanches dentelles couvrent les lits somptueux des chambres à coucher, une impressionnante batterie de cuivres parfaitement astiqués s’accorde avec le carrelage rouge brillant et les motifs bleu cobalt dans la cuisine.
Deux argentiers cauchois exposent des faïences bleues de Rouen, de Delft, de Chine, du Japon et de Rottembourg.

Âme de l’artiste–
reflets de lumière
irisations infinies

Mais ce qui m’impressionne, c’est la riche collection d’estampes japonaises couvrant les murs.
Représentation de l‘éphémère, de l’instant qui passe, ce « Monde flottant » ( Uky Yo), me transporte soudain dans ce pays du Soleil Levant qui semble avoir éclairé les toiles de Monet. C’est justement cette sensation visuelle fulgurante de l’instant que le peintre impressionniste a surprise dans ses tableaux . Continuă lectura

Revue Ploc ! numéro 17, septembre 2010

Instants choisis par Christian Faure

*

Un haïku pour sa qualité intrinsèque :

Enfant endormi –
les yeux de la mère veillent
ses rêves d’hiver

Virginia Popescu

L’hiver, saison de l’attente de temps plus cléments et de la venue du père noël (ou de Saint Nicolas, c’est selon), est un moment de réunion où les parents peuvent veiller et protéger leurs enfants du regard (mimamoru, disent les japonais – de mi : regarder et mamoru : protéger) et leurs rêves. Sous les yeux de la mère, l’enfant est une merveille.

*

Publié dans la revue Ploc! N°17 – septembre 2010.
Numéro réalisé par Francis Tugayé

mărul – le pommier

În ziua aceea fusese o adevărată caniculă. Spre seară nori mohorâţi au început să se adune de pretutindeni, împânzind cerul. Totul era apăsător, în aer plutea ceva ca o ameninţare surdă, întreaga natură stătea la pândă. Deodată o suflare rece a trecut ca o prevestire rea prin frunzişul copacilor de un verde întunecat. Imediat vântul s-a dezlănţuit cu o putere cumplită, de parcă ar fi fost ţinut până atunci în lanţuri, iar acum slobozit, scutura cu îndârjire coroanele copacilor din parc. De pretutindeni se auzea un plânset al întregii naturi înspăimântate. Pe cer, în loc de stele ardea un imens incendiu. Fulgerele alergau în toate direcţiile cu o viteză orbitoare, urmate la scurt timp de tunete care făceau să se clatine bolta cerului. O luptă cumplită se dădea între cer şi pământ.
Spaima mi se strecurase în suflet, dar nu puteam să mă desprind de la fereastra balconului, de unde urmăream parcă hipnotizată dezlănţuirea forţelor oarbe ale naturii. Urletele, vaietele, gemetele copacilor erau acoperite de bubuituri răsunătoare.

Continuă lectura

Revue Ploc ! numéro 8, octobre 2009

Aube –
le tournesol se lève
lentement

zori de zi –
floarea soarelui se ridică
încetişor

*

L’herbe fauchée –
mille grillons se reposent
à l’ombre

Iarba cosită –
mii de greieri se odihnesc
la umbră

*

Averse de juillet –
derrière les gouttes
l’arc-en-ciel

Aversă de iulie –
de după picături
curcubeul

Continuă lectura

Revue Ploc! numéro 28, novembre 2011

Thème :
prendre un haïku qui vous plaît et le retravailler à votre manière.

*

haïku d’origine

/La branche – sèche.
Le corbeau – au-dessus :
crépuscule, automne/
(Bashô)

haïku retravaillé

Arbre dénudé –
un corbeau sur la branche
veillant le couchant

Virginia Popescu

*

Publié dans la revue Ploc! N°28 – novembre 2011.
Numéro réalisé par Sam Cannarozzi.

Revue Ploc! Numéro 23, mars 2011

Thème :
les sons.

*

repos en plein champ –
dans la cruche renversée
chant de grillon

mugissement de la mer –
le coquillage en sourdine
l’imite sur la plage

*

odinhă pe câmp –
în ulciorul răsturnat
cântec de greier

vuietul mării –
ghiocul în surdină
o-ngână pe ţărm

*

Paru dans la revue Ploc! numéro 23, mars 2011.
Numéro réalisé par Olivier Walter

Revue Ploc ! numéro 7, juin 2009

Haïkus

printemps dans le parc –
tant de vert autour de moi
que j’en ai le vertige !

soleil couvert de nuages –
la lumière se cache
dans les fleurs du pommier

acacias fleuris –
une abeille
sur le nez de l’enfant

bord de l’étang –
les roseaux font une révérence
au vent de mai

brise de printemps –
pétales de myosotis
ou ailes de papillon ?

Continuă lectura

Revue Ploc! numéro 30, février 2012

mariée sur le seuil –
étendu sur l’allée
un tapis de neige

mireasa în prag –
pe alee se-ntinde
un covor de nea

*

nuit silencieuse –
entre ciel et terre
le jeu des flocons

noapte tăcută –
între cer şi pământ doar
jocul fulgilor

Virginia Popescu

*

Publié dans la revue Ploc! N°30 – novembre 2011.
Numéro réalisé par Olivier Walter.

Revue Ploc! numéro 27, octobre 2011

Thème :
l’été vécu à la campagne, à la mer, à la montagne ou dans le désert.

*

rivière de montagne –
des rayons de soleil
coulent dans l’eau

râul de munte –
în apele limpezi curg
raze de soare

*

château de sable-
vagues arrachant
murailles et tours

castel de nisip –
valurile-i smulg mereu
ziduri şi turnuri

Virginia Popescu

*

Publié dans la revue Ploc! N°27 – octobre 2011.
Numéro réalisé par Olivier Walter.