Le mot du poète

L’automne est revenu, couvre mon coeur de n’importe quoi,
de l’ombre d’un arbre dénudé ou mieux encore de ton ombre à toi

in «Emotion d’automne» (Nichita Stanescu)

Buste de Nichita Stanescu, Ploiesti
(Photo: Virginia Popescu)

Depuis son piédestal en marbre couleur marron , le poète aux ailes tranchées me regarde d’un air désolé. Sur ses lèvres flotte un sourire amer.
Assise sur un banc, je l’observe en silence depuis quelque temps.
C’est une belle journée d’automne au ciel clair.
Une brise légère fait voler autour de moi un essaim de feuilles dorées.
Un groupe de jeunes turbulents trouble le calme du parc. Ils parlent à voix haute tout en recrachant l’écorce des graines de tournesol juste devant le poète qu’ils ignorent complètement.
Moi, je le regarde avec insistance dans les yeux, essayant de surprendre un  éclat, quelque chose qui me donne un petit espoir, un  éclaircissement. Les ailes amputées par les mains du sculpteur semblent pleurer ses élans, ses envols vers des hauteurs insoupçonnées.
Je voudrais lui demander pourquoi il est si triste, mais je suis sûre qu’il ne me répondrait pas, par fierté…
Peut-être mon regard trop insistant le dérange-t-il.
J’essaie de regarder ailleurs et ma pensée s’envole vers le «Prince heureux » d’Oscar Wilde. Celui-là, les édiles de la ville l’avaient habillé d’or, l’embellissant de pierreries.
Le prince des poètes est  bien plus pauvre que le dernier mendiant de la ville.
« Le Prince Charmant sans Tilleul », comme il avait l’habitude de s’appeler, trône, triste et solitaire, sans ailes au-dessus d’une ville avec des gens plus ou moins malheureux, plus ou moins pressés, plus ou moins et même nullement épris de poésie…
Que pourrait encore leur donner le poète, excepté sa poésie qu’il a désespérément aimée ?
Une pensée traverse avec insistance mon esprit, me hantant : le poète a t-il appris en fin de compte le mot créateur de lumière qu’il avait quêté toute sa vie, fouillant avec acharnement la langue poétique  jusque dans  ses profondeurs insoupçonnées ?  Continuarea

Sufletul satului – L’âme du village

Lucian Blaga

Sufletul satului

Copilo, pune-ţi mânile pe genunchii mei.
Eu cred că veşnicia s-a născut la sat.
Aici orice gând e mai încet,
şi inima-ţi zvâcneşte mai rar,
ca şi cum nu ţi-ar bate în piept,
ci adânc în pământ undeva.
Aici se vindecă setea de mântuire
şi dacă ţi-ai sângerat picioarele
te aşezi pe un podmol de lut.

Uite, e seară.
Sufletul satului fâlfâie pe lângă noi,
ca un miros sfios de iarbă tăiată,
ca o cădere de fum din streşini de paie,
ca un joc de iezi pe morminte înalte.

*

Continuarea

L’amour et la musique (pantoum)

L’amour tendre se réfugie dans la musique.
Le coeur aime souvent s’enfuir au monde des sons
Où il atteint une grande extase érotique.
La musique révèle l’amour le plus profond.

Le coeur aime souvent s’enfuir au monde des sons.
Leurs ailes d’azur le portent vers le haut paradis.
La musique révèle l’amour le plus profond.
Vibrations sonores, douces illusions infinies. Continuarea

Carnac … o lume de piatră – Carnac … un monde de pierre

Încremenire / Immobilité

Cetate împietrită sub norii plutitori
Cité pétrifiée sous les nuages flottants

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Somn milenar / Sommeil millénaire

Şiraguri lungi de pietre sub care doarme timpul
Longues files de pierres sous lesquelles dort le temps

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Continuarea